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LES PSYLLES, des Cigales miniatures ou "Puces des feuilles" ou "Faux Pucerons" :


Silhouette d'un Psylle femelle (photo M.Le Masson)

Petits Homoptères nombreux sur les feuilles des arbres sautant et s'envolant à la moindre alerte; leurs ailes antérieures fermes sont tenues en toit sur le corps au repos et leurs pattes postérieures aux fémurs légèrement renflés sont sauteuses leur permettant de faire des bonds remarquables à la manière des Puces ! leurs larves caractéristiques sont très aplaties souvent grégaires et secrètent un abondant miellat; contrairement aux Pucerons, il y abscence de polymorphisme chez les adultes d'une même espèce; certaines sont nuisibles aux fruitiers; ils sont largement répandus et leur étude est peu facile...


Larve aplatie avec ébauches alaires de "Psylle du poirier"

Rappel : Place dans la Classification : voir page 10

-O/ Hémiptères
-s-O/ Homoptères
-section/ Sternorhynques : antennes dépourvues de soie rigide (fouet)
-S-F/ Psylloides : antennes de 10 articles, fémurs postérieurs renflés
-F/ Psyllides


Un des Psylles mâles les plus communs sur Ortie : Trioza urticae, environ 2 mm (photo P.Legros)

Caractères essentiels de la Famille des Psyllides:

-environ 1500 espèces mondiales de petits Homoptères de 1,5 à 6 mm
-forme massive, ramassée ressemblant à de minuscules cigales aux antennes plus longues !
-tête large avec antennes fines de 10 articles
-2 lobes céphaliques saillants frontaux (cônes frontaux très développés chez le Psylle du frêne)
-3 ocelles et 2 gros yeux latéraux très saillants chez certaines espèces
-rostre robuste, souple et s'étendant entre les pattes intermédiaires
-thorax très développé, massif et ramassé
-ailes membraneuses inégales : ailes antérieures à nervation simplifiée mais marquée; (R+Cu+M);
ailes postérieures plus petites et vervation réduite


Psylle du poirier et sa nervation d'après Haupt
(an= Anus, cl=sillon du clavus, R=Radiale, M=médiane, Cu=Cubitale)


Morphologie du Psyllide Spanioneura sp.

-pattes postérieures saltatoires à fémurs un peu renflés
-tibias terminés par 2 courtes épines apicales
-tarses de 2 articles égaux avec 2 griffes et une membrane foliacée intermédiaire ou pulvillus


Extrémité du tarse de Psylle du pommier (pul=pulvillus) d'après Weber

-abdomen terminé par de robustes armatures génitales saillantes (génitalias spécifiques pour l'identification)
-la femelle pond des oeufs allongés déposés et fixés par un pédoncule ou à l'intérieur des plantes ce qui provoque des galles
-larves de forme aplatie se fixant dès leur naisssance sur les végétaux pour sucer la sève
-larves mobiles à tous les stades (5 stades larvaires); à partir du 2e stade, apparition des ébauches alaires en forme de disques latéraux aplatis, arrondis ou ovalaires : fortes expansions latérales ou ptérothèques


Larves de Psylles : Psyllia mali (larve nouveau-née) d'après Lundelad-Psyllia pyricola (larve avec disques alaires bien développés) d'après Slimgerland


Morphologie larve de Psylla buxi

-ces larves secrètent souvent une secrétion cireuse blanche, cotonneuse ou pulvérulente pour se protéger; elles rejettent aussi par l'anus un abondant miellat sucré qui s'étale sur les plantes et qui est exploité par les fourmis ! certaines, comme le Psylle du pommier, secrète un sac de cire périanal entourant le miellat
-plusieurs générations par an, hibernation à l'état adulte (Psylle du poirier) ou larvaire ou oeufs (Psylle du pommier); migrations saisonnières avec changement de plantes-hôtes (comme le Psylle du pommier qui émigre sur l'orme ou vice versa !)


Larve de Psylle de l'Albizzia et mue larvaire (photos L.Fargier)


Larves du Psylle de l'Albizzia (Acizzia jamatonica??) (photos L.Fargier)


Autres larves d'Acizzia jamatocnica (photos P.Falatico)




Adultes du "Psylle de l'Albizzia" Acizzia jamatonica; environ 2 mm...(photos P.Falatico)


Larve du "Psylle du figuier" Homotoma ficus 2-3 mm (photo P.Falatico) - Microscopie de larve de "Psylle" (photo A.Robert)


Jeune larve de Tiroza alacris sur Laurus nobilis - cette photo montre qu'elle possède 4 griffes aux pattes (microphotos M.Blaise)


Autre préparation de larve de "Psylle" trouvée sur Laurus nobilis (Trioza alicris ?) (microphotos M.Blaise)


Ce ne sont pas des "Pucerons lanigères" sur feuille de Ronce mais des Psylles (les photos suivantes de Jean Paul Marino le démontrent!) :


Feuille de Ronce avec larve et adulte de Psylle au milieu des secrétions cireuses blanches


Larve du "Psylle de la Ronce" et autres Rubus (peut-être Psylla rubi ?) - Autre larve de Psylle sur Salix fragilis (photo A.Wojtyra, Oise)


Probablement Psylla rubi in copula sur Rubus...(photos A.Wojtyra)




Galles communes du "Laurier noble" ("Laurier sauce" Laurus nobilis) due au Psylle Trioza alacris (2 ou 3 générations entre mai et septembre!)...


Trioza alacris, environ 3 mm : femelle - mâle (photos P.Falatico)




Autre Trioza (Lauratrioza) alacris femelle au revers d'une feuille de Laurus nobilis...(photos A.Wojtyra)
(ailes pointues et longues, 2 derniers artcles antennaires sombres... couleur variable avec l'âge)


Autre Trioza alacris mâle et gros plan sur sa face...(photos A.Wojtyra)

Les Trioza n'ont pas de pterostigma et trifucation de 3 nervures R+M+Cu1...


Galle sur Centranthus ruber (Valérianacées) due au Psyllide Trioza centranthi (photo C.Fortune)


Autre galle sur Cruciata laevipes (Galium cruciata) due à Trioza galii (photo C.Fortune)


Trioza urticae mâle (complexe génital perpendiculaire), 2 mm, coloration variable, antennes noires avec articles 2 et 3 blancs, commun... (photos P.Legros)


Autre Trioza urticae femelle (photos P.Legros)


Autres Trioza urticae : femelle - mâle (photos A.Wojtyra)






Différents stades de larve de Trioza urticae sous une feuille d'ortie...(photos A.Wojtyra, Oise)


Larves de Trioza urticae exudant du miellat; le "cul" du puceron à, côté donne une idée de la taille de la larve (1,5 mm)


Femelle de Trioza urticae exudant une grosse goutte de miellat après avoir plongé longuement son rostre dans la nervure d'une feuille d'ortie...(photos A.Wojtyra)


Exuvie larvaire de Trioza urtricae...(photos A.Wojtyra, Oise)
(il y a 5 stades larvaires : L1 à L5; ces larves sont parasitées souvent par le Chalcidien Tetrastichus upis...)


Autre coloration de Trioza urticae mâle sur Symphytum: cette espèce est très variable suivant les individus et suivant le stade et ubiquiste (sur nombreuses plantes)... (photos A.Wojtyra, Oise)


Le "Psylle du chêne" Trioza remota mâle, 3,5 mm, sur Quercus robur


Nymphe de Trioza remota sur Quercus robur


Trioza remota : venant d'émerger de son exuvie nymphale - exuvie nymphale (photos A.Wojtyra)


Trioza remota : adulte venant d'émerger...(photos A.Wojtyra)




Bactericera albiventris, 3,5 mm, face ventrale de l'abdomen pâle sur Salix sp. et Salix fragilis...(photos A.Wojtyra)


Le "Psylle de l'aulne" Psylla alni femelle, 2,5 mm, presque entièrement vert et aux ailes transparentes (photo M.J.Tanguy) - Psylle sur Chlerodendron Psyllopsis fraxini, 3 mm, yeux très saillants, cônes frontaux nets, sur le frêne habituellement (photo P.Legros)


Autre Psyllopsis fraxini (photo G.Champier) - Psyllopsis fraxini mâle (photo A.Wojtyra)




Psylla alni mâle : couleur verte y compris la nervure costale, antennes très longues, nervures sombres contrastant avec la membrane alaire; espèce commune sur les aulnes... (photos M.Le Masson, Valbonnais, 800 m)


Galles à Psyllopsis fraxini sur Fraxinus excelsior : enroulements foliaires, souvent colorés en rouge, fréquents sur frênes (photos C.Fortune, Bretagne)

Nombreuses espèces nuisibles aux cultures fruitières (Psylles du pommier, du poirier ou de l'olivier...); cette nuisibilité vient à la fois de l'affaiblissement du végétal par succion de la sève avec transmission de virus (jaunisses) et aussi par le rejet de miellat très sucré qui 'brûle" les feuilles et provoque l'appariton de fumagine

Certaines espèces sont des vecteurs de maladies virales sur des plantes légumières : aubergines, tomates, carottes, pommes de terre, poivrons...

sous-familles des Psyllides
TriozinesPsyllinesLiviines
-Trioza alacris (sur Laurier-rose)
-Trioza apicularis, viridula (sur carotte)
-Psylla pyricola, pyri (sur poirier)
-Psylla mali (sur pommier)
-Livia juncorum (galles sur Joncs)


Une espèce est très commune sur plante basse sauvage : Trioza urticae, 2 mm, jaunâtre avec traits noirs, sur ortie...et une espèce commune dans les jardins, 3 mm et vert clair, parasite de la carotte provoque des déformations sur feuilles dues aux larves ovales et verdâtres de Trioza apicalis

et beaucoup d'autres....

Les 3 espèces françaises qui ont donné lieu à des programmes de traitement élaboré sont les Psylles des fruitiers : les traitements chimiques sont peu efficaces contre les larves de Psylle qui se recouvrenr souvent d'une cire cotonneuse, d'où l'intérêt de l'utilisation d'une lutte intégrée avec des auxiliaires...

-"Psylle du poirier" Cacopsylla (Psylla) piri espèce la plus commune (mais il y a également Psylla pyricola-Psylla pirisuga)
Forme estivale claire de 2,2-2,7 mm; forme hivernale plus sombre de 2,7-2,9 mm; oeuf orangé de 0,3 mm fixé par un pédoncule (oeufs en chapelet en été sur feuilles et rameaux), larve aplatie jaunâtre avec taches foncées de 0,4 à 1,7 mm; les piqûres de nutrition entrainent la chute des feuilles et secondairement développement de fumagine due à la secrétion abondante de miellat...


"Psylle du poirier" Cacopsylla piri et ses oeufs (Doc.ACTA)


"Psylle du poirier" Cacopsylla pyri : larves sur lambourde du poirier (photos J.L.Lett)

-"Psylle du pommier Psylla mali" espèce commune de 2,5-3 mm, brune ou verte, yeux très saillants, abdomen rayé transversalement de sombre; peut faire de gros dégâts en vergers : feuilles jaunâtres gaufrées; miellat blanchâtre provoquant secondairement le développement, comme le Psylle du poirier, de fumagine noir pulvérulent


Psylles et dépouilles larvaires (filaments cotonneux) sur pommier- Psylle adulte sur arbuste d'ornement : Cacopsylla pulchella (photo M.Chevriaux)`


Cacopsylla pulchella mâle (on voit à gauche le tubercule anal dressé)...(photos M.Le Masson)


Divers stades de Cacopsylla pulchella sur "Arbre de judée"...(photos J.P.Marino, Baronnies provençales)


Larves à divers stades de Cacopsylla pulchella - Exuvie larvaire du "Psylle de l'aubépine" Cacopsylla peregrina sur aubépine (trainée brune sur les ébauches alaires) (photo A.Wojtyra, Oise)


Imago de Cacopsylla pulchella (photo J.P.Marino)

On trouve au printemps beaucoup de Psylles sur l'"Arbre de Judée" Cercis siliquastrum, (Caco)Psylla pulchella : photos suivantes de P.Falatico


Cacopsylla pulchella sur Cercis siliquastrum : larve (environ 2 mm) - larve suivante venant de muer avec son exuvie à côté


Adulte de Cacopsylla pulchella, environ 2,5-3 mm, sur Cercis siliquastrum en mai


Autre variante de Cacopsylla pulchella femelle...(photos P.Falatico)




Cacopsylla affinis (anciennement Psylla subferruginea) femelle, environ 3 mm : coloration générale brun-rougeâtre, ailes transparentes jaunâtres avec nervures bordées de spinules sombres (sauf sur une bande adjacente), ptérostigma long, marques longitudinales blanchâtres sur le thorax dorsal, terminalia femelle allongée...sur Betula, Crataegus...(photo M.Consolo)




Cacopsylla peregrina mâle, 3, 5 mm sur Crataegus : autre "Psylle de l'aubépine" commune plus répandue que Cacopsylla crataegi, vert-jaune au stade jeune comme ici et devenant brun et noir pour les spécimens plus tardifs; antennes oranges à partie apicale noirâtre, pterostigma long, cônes génaux larges et arrondis en avant bien visibles sur les photos...(photos A.Wojtyra, Oise)


Autres Cacopsylla peregrina sur Crataegus oxyacantha : mâle - femelle (photos A.Wojtyra)


Autre forme automnale de Cacopsylla peregrina femelle, sur pommier (photo M.Le Masson)
(Cacopsylla mali est très proche : formes automnales identiques séparables par les génitalias mâles et se trouvent tous 2 sur aubépine et pommier; plus faciles à distinguer par leurs nymphes...)




Le "Psylle de l'Eleagnus" Cacopsylla fulguralis sur Rosier grimpant proche des Eleagnus, arrivé en France en 1999... (photos A.Wojtyra, Oise, en novembre)
(il semble que beaucoup d'espèces de Psylles et autres se réfugient sur Rosier grimpant à l'approche de la mauvaise saison ?)




Un Psylloïde Aphalaride (autrefois Psyllide !) : Craspedolepta nebulosa, à peine 4 mm, taches sombres le long des nervures surtout dans la partie apicale, sur le "Laurier de Saint-Antoine" ou "Epilobe en épi" (Epilobium angustifolium)...photos M.Le Masson, massif de Belledonne, 1500 m


le "Psylle de l'olivier" Euphyllura olivina : larves avec ébauches alaires secrétant une matière floconneuse et un abondant miellat (risque de fumagine) sur boutons floraux d'olivier...(photos J.Gouzanet)


Autres larves du "Psylle de l'olivier"...(photos J.Gouzanet)




Le "Psylle du figuier" Homotoma ficus, 3-4 mm, vert ou brun,antennes épaisses couvertes de soies; s'attaque aux feuilles du figuier...(photos P.Falatico)

Il existe heureusement naturellement de nombreux insectes auxiliaires s'attaquant aux Psylles des pommiers et poiriers : Syrphes, Coccinelles, Chrysopes, "punaises" Mirides et Anthocorides...Anthocoris nemoralis (nemorum) est polyphage avec une préférence pour les larves de Psylles : il est présent naturellement dans les vergers mais en quantité insuffisante; on commercialise donc ces Anthocoris en protection intégrée des vergers...


Une "punaise" Anthocoride prédatrice des larves de Psylle, Anthocoris nemorum utilisée en protection fruitière intégrée

De même, le "Psylle de l'olivier" est la proie naturelle du Syrphe Xanthandrus sp....voir page 18bis

Signalons l'apparition récente (2004) dans le Midi du Psylle de l'Albizia ("Arbre à soie") :Acizzia jamatonica

Les Psylles sont donc de petites cigales qui vivent aux dépens de toutes les plantes exceptées les cryptogames ! nombreuses sont les espèces arboricoles nuisibles aux cultures fruitières en provoquant des déformations et dessèchemnt des feuilles; certaines espèces sont même gallicoles; leurs populations, comme beaucoup d'autres, sont régulées par de nombreux insectes auxiliaires prédateurs et parasitoïdes; si cela ne suffit pas, l'homme intervient comme pour l'exemple récent de l'introduction en 1997, dans les Alpes maritimes, d'une "guêpe" australienne Psyllaephagus pondant ses oeufs dans les larves du Psylle de l'eucalyptus : ce fut un succès !





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