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LES ICHNEUMONIDES, une famille à l'instinct remarquable (1) :


Nous avons étudié auparavant des Hyménoptères nourrissant leurs larves avec du miel ou du pollen (Apides), d'autres ne fabriquant pas de miel mais nectarivores ou frugivores à l'état adulte et chassant pour nourrir leurs larves (Vespides) ou des séries de chasseurs ou voleurs qui anesthésient ou tuent d'autres insectes (Ammophiles, Pompilides, Sphégides) pour leur progéniture;
Ici, toutes les femelles d'Ichneumons déposent leur oeuf sur les larves vivantes ou chrysalides (quelques fois à côté) Ces Ichneumons sont très utiles en tuant une quantité énorme de chenilles nuisibles grâce souvent à leur longue tarière qui peut atteindre chez certains 3 fois la longueur du corps (Rhysse); cette tarière ressemblant à une queue filiforme les a fait nommer parfois "Ichneumons caudés"; ils savent d'instinct "sentir" la présence d'une larve dans le bois et y déposer, sans se tromper, leur oeuf !


Petits "Ichneumons" (6 mm) in copula sur feuille de Rhododendron en septembre...

Ces pages ont été corrigées et actualisées avec l'aide de Joël Valemberg (Ichneumonologue depuis 1965, Président de la Société Entomologique du Nord de la France, conseiller scientifique...) qui a également déterminé la plupart des photos d'Ichneumonines...

Pour aller plus loin, Camille Thirion propose les adresses suivantes :

Galerie Ichneumons : www.cthirion.eu
Rubrique d'identification : www.cthirion.com.index.php?board=7.0


Un mâle d'ichneumonide Cryptine trouvé au voisinage des Citrus au Portugal (photo J.Gouzanet)


Rappel : Place dans la classification : voir page 14bis

-O/ Hyménoptères
-s-O/ Apocrites ou Pétiolés ou Clistogastres : étranglement très étroit (+ ou - long)
séparant le thorax de l'abdomen
-section/ Térébrants ou "Porte-tarière" : femelle avec tarière + ou - longue renfermée dans l'abdomen ou non
-S-F/ Ichneumonoides : corps allongé; antennes non coudées longues avec de nombreux articles;
ptérostigma aux ailes antérieures mais peu de cellules aux ailes (nervation réduite) ;
tarière avec une gaine sur laquelle glissent les 2 stylets; tous parasites entomophages
-F/ Ichneumonides



Extrémité d'un Ichneumon-Silhouette d'un Ichneumonoide Gastéruptionide (ou Gasteruptiide)
(la tarière sort bien avant l'extrémité-Le gastre (abdomen) peut avoir une insertion très dorsale sur propodeum par un pétiole fin !)



Ichneumonoide Gasteruptionide (=Gasteruptiide) Gasteruption sp. (photo R.Henry) - Gasteruption sp. (photo M.Ponsot)


Autres photos de Gasteruption sp. femelle : gastre long et grêle, tibias 3 renflés, imagos sur inflorescences, larves parasites de larves de Sphecides ou Apides...


Gasteruption sp. femelle...(photo M.Ponsot)


Gasteruption sp. femelle sur Achillée (avec son très long ovipositeur à extrémité blanche) - Autre Gasteruption sp. femelle à l'ovipositeur court (photo D.Choussy)
(il y a plusieurs espèces proches ayant un long ovipositeur à extrémité blanche)




Autre Gasteruption sp. femelle à long ovipositeur à extrémité blanche (photos M.Blaise)


Autre Gasteruption sp. au repos sur feuille d'Helianthus


Gasteruption hastator mâle (seule espèce européenne avec beaucoup de rouge)...(photos P.Falatico)


Gastreruption hastator femelle volant aux abords de nids d'"Abeilles solitaires" (photo A.Cipière) - Autres Gasteruption sp. femelle sondant un "nid" d'abeille solitaire avec ses antennes (photo J.C.Brison)
(Ce Gastéruptiide de gauche serait le parasite des nids du Collétide Hylaeus variegatus !)


Autre Gasteruption sp. mâle (photo P.Legros)


Autre Gasteruption sp femelle à l'extrémité de la tarière blanche...(photo G.Chauvin)


Gasteruption sp. femelle...(photo P.Falatico)


Caractères généraux essentiels des Ichneumonides :

-il existe 2940 espèces et sous-espèces d'Ichneumonidae en France (dont 2717 espèces); taille moyenne de 10 à 20 mm en longueur
-la plupart sont monochromes, sombres ou noirs, quelques-uns noirs et jaunes
-2 cellules discoïdales (cubitales) aux ailes antérieures et une aréole souvent pentagonale, 1 grande cellule discocubitale


Patte à 2 trochanters (tr1, tr2) : le trochanter apical est le trochantellus; (photos H.Robert)


Autre patte postérieure d'Ichneumonide Cryptine...(photo H.Robert)
(le trochantellus additionnel est situé entre trochanter et fémur et dérive de ce dernier)


Nervation et cellules d'Ichneumonide (simplifié); l'aréole peut être ouverte (Ophionines) ou fermée (Ichneumonines), pentagonale, quadrilatère, deltoïde ou absente, pétiolée ou non...


Nervation d'un "Ichneumon" Cryptine (photo H.Robert)

-scutellum non prolongé en épine (contrairement à la sous-famille des Agriotypinae caractérisée par ce mucron scutellaire!)
-larves endoparasites à l'intérieur du corps de leur hôte et spécifique
-le plus souvent 1 seul oeuf par individu sur des chenilles : la larve croit dans le corps de cette chenille et laisse celle-ci se nymphoser puis la mange et sort par un trou net et circulaire de la chrysalide de l'hôte


Chrysalide de Vanesse contenant un Ichneumon déjà bien formé (photo J.Vanden Eeckhoudt)


Ichneumon sortant d'une chrysalide de "Sphinx du Pin"...(photo G.Chauvin)


Chrysalide de Piéride avec trou de sortie fait par l'Ichneumonide parasite à droite (photos J.Bailloux)


Autre ichneumonide sorti d'une chrysalide de Clossiana dia (photo M.Billard)


Cocons d'Ichneumonides endoparasites de chenilles : d'Ichneumonine, environ 12 mm (dans chenille de Piéride) - d'Ophionine ou Campolégine ?, environ 6 mm (dans chenille non connue) (photo A.Lequet) - de Tryphonine, environ 15 mm (dans chenille de Notodontide)


Autre cocon d'Ichneumonide : sa larve a vidé la chenille puis s'est nymphosée à côté de l'exuvie (photo M.Billard)


Autres cocons d'Ichneumonine dans une chenille sur Frangula alnus (photo C.Fortune) et sur la dépouille d'une autre chenille (photo M.Chevriaux)

-il existe aussi des cas de larves ectoparasites : oeuf pondu à côté de l'hôte
-quelques cas d'hyperparasitisme


Cas d'hyperparasitisme : Proctotrupide femelle parasitant Apanteles sur chenille de Zygène (photo J.Vanden Eeckhoudt)



Remarquable cas assez connu d'ectoparasitisme : Le Pimpline Polysphincta a déposé son oeuf sur le corps de l'araignée qui n'est pas paralysée et continue à se déplacer en portant son parasite sur le dos ("ver" de couleur blanche et qui grandit progressivement jusqu'à ce qu'il dévore son hôte à la fin de son développement!) photo Louis Weitten - Autre larve sur un jeune Aculeipera ceropegia (photo M.Billard)


On peut ainsi parler de 2 types de relations hôtes-parasitoïdes :
-système tritrophique : plante-insecte phytophage-insecte parasitoïde
-système quadritrophique : plante-insecte phytophage-insecte parasitoïde-hyperparasitoïde


Il y aurait une cinquantaine de Familles actuellement (dont les principales sous-familles : ... Banchinae, Camplopeginae, Cryptinae, Diplazontinae, Ichneumoninae, Lycorininae, Metopinae, Ophioninae, Pimplinae, Rhyssinae, Tryphoninae...);

pour simplifier, on ne présente ici que les 5 anciennes sous-familles (Subfamiliae) :

1-Caractères PENTAGONAE = ICHNEUMONINAE, CRYPTINAE
2-Caractères DELTOIDAE = PIMPLINAE, OPHIONINAE, TRYPHONINAE


1-Caractères PENTAGONAE :

-Aréole alaire régulièrement pentagonale, plus rarement carrée, jamais pétiolée ou rhombique (deltoïde)
-Abdomen pétiolé : le pétiole géniculé ou courbé dans son tiers postérieur où il est brusquement élargi
-Membrane ventrale du post-pétiole courte
-Glymmae absentes (dépressions longitudinales sur les 2 côtés du 1er tergite avant le spiracule, orifice stigmatique)
-Aréoles coxales du métathorax distinctes...etc.

2-Caractères DELTOIDAE :

-Aréole alaire habituellement petite, deltoïde, la plupart du temps pétiolée, souvent entièrement absente
-Ailes toujours présentes dans les 2 sexes
-Spiracules du 1er segment abdominal situés dans la 1ère moitié (basale) du pétiole ou au milieu, rarement dans la moitié apicale sinon abdomen comprimé latéralement
-Membrane infra-postpétiolaire grande
-Glymmae la plupart du temps présentes
-1er segment abdominal en général droit, parfois courbé mais jamais géniculé...etc.

Il y a donc certains termes techniques précis utilisés dans les clés de détermination des Ichneumonides : voir les excellents dessins explicatifs de l'"American Entomological Institute" Ichneumonid Morphology

-notaule (notaulus) : sillon longitudinal du mésocutum
-sternaule (sternaulus) : sillon entre mésopleure et mésosternum
-glymme (glymmae) : dépression plus ou moins profonde sur le côté du pétiole


Les 3 tagmes (prosome, mésosome, métasome) d'un Ichneumonide Acaenitine et la structure de l'abdomen (propodeum incorporé + pétiole + gastre) photo M.Le Masson

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