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Les DYTISCIDES, des Carabiques aquatiques carnassiers à respiration aérienne

Ce sont les "Dytiques" : Hydrocarabiques d'eaux calmes, excellents nageurs, bons voiliers mais marcheurs maladroits ! ils vivent dans les eaux douces à l'état adulte et larvaire et sont de régime carnivore; c'est la plus importante famille de Coléoptères aquatiques bien adaptés au milieu par leur corps fuselé et aplati, leurs pattes arrière plates comme des rames avec une frange de soies natatoires; mais, s'ils savent nager, ce sont toujours des animaux terrestres obligés de remonter à la surface pour respirer; cela n'exclut pas la possibilité de voler des adultes qui se déplacent la nuit pour changer de mare ou de rivière (variabilité génétique oblige!); leurs larves, aussi voraces, appelées "Tigres d'eau douce", sont longues et minces; elles rampent ou ondulent; elles possèdent des mandibules canaliculées incurvées en faux et réalisent la digestion extra-intestinale; quant à la nymphose, elle se fait hors de l'eau dans la terre des berges...


Larve et adulte de Dytiscus sp.

Rappel : Place dans la classification : voir Page 11

-O/ Coléoptères
-s/O Adephages : suture notopleurale, oblongum, tarses pentamères (5-5-5)
-S-F/ Dytiscoides : aquatiques aux stades adultes et larves
-F/ Dytiscides

Caractères essentiels de la Famille des Dytiscides :

-environ 3500 espèces de 5 à 25 mm
-dulçaquicoles (eaux douces calmes : lacs, étangs, mares, rivières à végétation aquatique présente)
-forme massive, ovalaire et aplatie donc hydrodynamique
-coloration sombre et même noire
-antennes filiformes
-tarses mâles antérieurs souvent transformés en ventouse pour le prétarse 1-3 (disque de 3 articles avec nombreuses petites cupules pédiculées dont 2 sont plus grandes : secrétion d'un liquide adhésif pour se coller sur le dos de la femelle à l'accouplement)


Dytique mâle et ses ventouses antérieures - microphotographie d'une ventouse mâle (J.L.Blot)


Dytiscus mâle : extrémité des P1 avec sa ventouse tarsale - extrémité des P2 (phots M.E.B G.Chauvin)


Détail des cupules pédiculées de la ventouse mâle du Dytique...(photos M.E.B de G.Chauvin)


Faces ventrales du Dytique : mâle - femelle

-P3 nageuses : rames ciliées qui prennent l'eau simultanément (contrairement à l'Hydrophile)
-élytres lisses (toujours chez les mâles) ou striés longitidudinalement (chez les femelles avc coexistence des 2 formes)


Le "Dytique bordé" Dytiscus marginalis : mâle aux élytres lisses - femellle aux élytres striés longitudinalement (photo A.Laboile)


Dytiscus marginalis femelle : vues ventrale et dorsale (photos O.Hépiègne)

-taille variable : 45 mm pour Dytiscus latissimus de l'Est européen, 2-3 mm pour les plus petits Dytiques...
-émettent une secrétion rectale désagréable qui peut éloigner les poissons prédateurs
-des espèces comme Dytiscus marginalis et Agabus bipustulatus se trouvent dans des mares temporaires donc changent fréquemment d'habitat

La Larve vorace du "Dytique" :


larves de Dytiscus (photos J.J.Cournut et M.A.Schira)


Autre larve de Dytiscus sp., 15 mm : on voit bien ici les pattes et l'extrémité du corps ciliés (photo M.le Masson)

1-Adaptation à la respiration aérienne :

-dernier segment abdominal allongé en tube respiratoire au bout duquel se situent les stigmates 8 et 2 pseudo-cerques: ces 2 appendices touchent la surface de l'eau par leur pointes (3 points d'appui en triangle); les stigmates sont inspirateurs ;la larve reste immobile, la tête en bas relevée et le corps arqué vers la surface

2-Adaptation à la nage :

-le corps long et mince (jusqu'à 5 cm) s'arque facilement donc progression par ondulation; cette larve peut aussi marcher quelque temps sur le fond..

3-Adaptation à la capture des proies :

-le corps peut s'allonger par brusque détente et la proie est saisie entre les crocs mandibulaires : la larve se laisse emporter par sa victime qui est progressivement paralysée par la salive mortelle qui ramollit puis liquéfie la chair (digestion extra intestinale); la morphologie des crocs mandibulaires explique que le canal alimentaire n'est jamais obturé(voir schémas)
-les proies peuvent être des alevins, des sangsues, des alevins, des tétards, des grenouilles, des tritons, des petits poissons et ...d'autres larves !




(ces schémas montrent que le canal des mandibules communique avec l'orifice latéral du pharynx quand la mandibule est fermée et non quand elle est ouverte!)


Photo M.E.B de G.Chauvin

L'adulte du "Dytique" :

Adaptation à la respiration aérienne :

-l'air est pris en surface : air inspiré se logeant sous les élytres car le Dytique fait affleurer son extrémité postérieure, des poils hydrofuges permettant la communication de l'air élytral avec l'extérieur (stigmates abdominaux s'ouvrant dans l'espace sous-élytral)

la femelle pond au printemps sur les feuilles et tiges des plantes aquatiques et la nymphose se fait hors de l'eau dans les terres des berges; l'imago apparait 2 semaines après...


les 4 étapes de la formation de la loge nymphale chez Agabus bipustulatus (d'après Blunck)

Quelques espèces :


Dytiscus marginalis femelle, environ 30 mm, les 4 bordures pronotales bien nettes, liseré roux le long de l'orbite interne...(photos A.Guibentif)


Dystiscus marginalis mâle avec les ventouse adhésives tarsales antérieures...(photos A.Guibentif)






Colymbetes fuscus, environ 16 mm, corps plus étroit que Dytiscus, fin réseau de stries transverses sinueuses sur les élytres, pattes brunes, commun...(photos A.Peuch)


Autre Colymbetes fuscus : ovale, peu convexe, brun luisant, marges du prontum et des élytres roussâtres (photos C.Fortune, Bretagne).



Autre Colymbétine aux élytres allongés presque unoiformément rouges : Copelatus haemorrhoidalis, 8 mm ...(photos M.Le Masson, marais de Montfort)






Cybister lateralimarginalis femelle, au milieu de la végétation aquatique des eaux stagnantes (photos C.Fortune)


Agabus sp., environ 10 mm, proche de A.bipustulatus par les antennes brun rougeâtre et les griffes des P3 égales; (photo M.Chevriaux)-Acilius sulcatus mâle, 16-18 mm, plutôt dans les mares d'eau stagnantes (photo Marc Pinson)
(ces 2 individus se sont envolés de leur mare pour gagner un autre petit plan d'eau !)


Autre Agabus sp. ayant quité son plan d'eau, qui volait mal et a atterri en forêt..avant de repartir ? (photo M.Chevriaux)


Les 2 Dytiscides les plus communs dans un petit plan d'eau : Dytiscus marginalis mâle, environ 30 mm - Acilius sulcatus femelle, environ 16 mm (photos G.Chauvin)


Acilius sulcatus femelle échappé d'un plan d'eau ou d'un abreuvoir...




Larve prédatrice et à respiration aérienne avec siphon d'Acilius sulcatus (photos A.Wojtyra)


Agabus nebulosus, 9 mm, autre petit Dytiscide d'eau douce (photos M.Verolet)


Agabus didymus, 12 mm - Tête d'Agabus montrant les antennes beaucoup plus longues que les palpes maxillaires (c'est le contraire chez les Hydrophilides !) (photos M.Verolet)


Agabus bipustulatus environ 10 mm, élytres noirs arrondis sur les côtés...(photo P.Ledoux, mare d'altitude en Vanoise, 2200 m)

le genre Agabus est caractérisé, entre autres, par un épipleure sinué (repli ventral de l'élytre) comme le montre la photo suivante de M.Verolet :




Ilybius ater, 13 mm (photos M.Le Masson, marais de Montfort, Grésivaudan)
(la taille est le caractère souvent discriminant chez les Agabines (clé de L.Friday)...)


Ilybius ater en vue ventrale : l'observation du process prosternal montre bien la partie terminale de ce process formant une crête en section transverse (et non une arche), critère complétant l'identification...


Rhantus suturalis, 12 mm : suture élytrale bordée de jaune...(photo J.Bailloux, Var)






Hydaticus seminiger, environ 14 mm, téte rousse à base noire et 2 taches rousses, élytres avec large bordure jaune roussâtre, parsemée de points plus foncés, n'atteignant pas l'apex, appendices roussâtres avec derniers articles antennaires et les P3 obscurcis...(photos M.Le Masson, marais de Montfort, Isère)


Un mâle de Dytiscus marginalis retrouvé mort (et depuis...sec!) près d'un aquarium d'un labo où les fenêtres sont restées fermées trop longtemps (il n'a pas eu la chance de pouvoir gagner un autre milieu en s'envolant de son aquarium!)




Un autre "Dytique" retrouvé mort : Dytiscus semiculcatus mâle, pas de marges pronotales antérieure et postérieure et 3 stries élytrales longitudinales, face ventrale sombre... (photos C.Fortune, Bretagne)


Petit Dystiscide ( 2 mm x 1,5 mm environ) : l'"Hydropore géminé" Hydroglyphus pusillus (geminus) au pronotum roussâtre et dont l'extrémité abdominale affleure ici à la surface de l'eau dans une mare...(photo B.Nicolosi)


Hydroporus palustris, 3,5 mm...(photos M.Le Masson, marais de Montfort)


Nebrioporus luctuosus, 4,5 mm...(photos J.P.Marino)


P3 de Nebrioporus luctuosus avec son tibia transformé en palette natatoire...(photo J.P.Marino)


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